Les bactéries et le poulet : Bon appétit !!!
Les trois quarts des poulets que nous mangeons dans l’Union européenne sont contaminés par des bactéries. L’intoxication peut déclencher une diarrhée si vous ne prenez pas la précaution de bien cuire la viande. L’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) a émis le rapport sur les bactéries et le poulet. Si 76 % des poulets qu’elle a testés dans les abattoirs européens en 2008 étaient contaminés par la bactérie campylobacter, il y en avait aussi 16 % contaminés par la salmonelle. Ces deux bactéries peuvent causer de la fièvre et de la diarrhée.
La salmonelle est détruite à la cuisson par la chaleur. Les taux de contamination varient selon les pays européens, qui ont bien voulu communiquer leurs données. Tous les poulets testés au Luxembourg contenaient la campylobacter, contre 4 % des poulets finlandais. Ce chiffre de 3/4 émane de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et fait suite à des enquêtes menées en 2008 sur des volailles issues de 561 abattoirs, dans 26 pays de l’Union. Selon Selon l’Efsa, 75,8 % des poulets étaient contaminés par des Campylobacter, et 15,7 % par des salmonelles. La France est le premier producteur européen de volailles (avec plus de 821 000 t de poulets produits chaque année). Soixante-seize pour cent des volailles analysées dans des abattoirs français contenaient des Campylobacter et 7,4 % des salmonelles. Ces bactéries qu’on trouve naturellement dans les tubes digestifs de certains animaux à sang chaud sont aussi présentes dans l’environnement autour des élevages. Or la salmonellose et la campylobactériose sont les » deux maladies de source alimentaire les plus fréquemment répertoriées chez l’homme « , d’après l’Efsa. Elles se matérialisent le plus souvent chez l’homme par des crises de gastro-entérite. » Mais une cuisson bien réalisée permet de détruire ces bactéries pathogènes « , d’après Pierre-Alexandre Beloeil, scientifique à l’Efsa.
Le ministère de l’Agriculture conseille de bien nettoyer la planche ou l’assiette qui a servi à découper du poulet cru avant de la réutiliser.
» La taille des élevages favorise malheureusement la contamination des volailles, estime Sébastien Arsac, de l’association L214, qui milite pour un meilleur traitement des animaux de ferme. En France, il y 80 % d’élevages intensifs, et les poulets sont parqués au sol à raison de 22 par mètre carré. C’est une véritable poudrière car, lorsqu’une bactérie s’y développe, elle se transmet très rapidement d’un poulet à un autre.
» L’Efsa rendra publiques fin 2010 les conclusions d’un second rapport sur » les facteurs de risque pour les consommateurs et l’origine » de ces bactéries. » Il faudrait analyser toute la chaîne et renforcer les contrôles qui sont insuffisants « , estime le nutritionniste Laurent Chevalier, président de la commission alimentaire du Réseau environnement santé (RES). Pour Bruno Ferreira, sous-directeur de la sécurité sanitaire des aliments à la Direction générale de l’alimentation, » l’intérêt de cette étude est précisément d’affiner nos points de contrôle au niveau des élevages, des zones de découpe et de la grande distribution pour détecter toutes les sources de contamination possibles et améliorer nos pratiques « .